jeudi 3 mai 2012

De Wanaka à la East Coast

Le road trip continue ! Bon, on aura passé deux semaines en tout à Wanaka, c'est tellement beau, il y a une tellement bonne ambiance qu'on était pas vraiment pressés de partir…Surtout que comme je l'avais dit dans le dernier article, on a été rejoints par Claire et Julien, le couple de Haut-Savoyards, donc on faisait tout avec eux, dont la dernière marche qu'il nous restait à faire à Wanaka, sauf que le beau temps n'était pas franchement au rendez-vous…Mais il y avait des jolies couleurs, et un petit lac qui reflétait bien les nuages.



On est aussi allés manger les meilleurs burgers qu'on ait mangé jusqu'à maintenant (et c'est pas rien, parce que les burgers en NZ sont tous très bons, mais là on a atteint le NIRVANA gustatif). On a d'ailleurs croisé un mec d'Annecy au resto…
Le reste du temps, on faisait du shopping version backpackers, c'est-à-dire qu'on allait dans tous les magasins de Wanaka où il y a plein de superbes fringues toutes plus chères les unes que les autres, histoire de bien baver devant, et on finissait à l'armée du salut à acheter des pulls à 5 $…Dur.
Le matin, Claire nous faisait des pancakes sur le parking du point info, et à plusieurs reprises, les touristes qui descendaient des cars qui passaient par là nous prenaient en photo (certains étaient d'ailleurs totalement sans-gène, à venir limite fouiller dans nos affaires tout en nous parlant en chinois…). Bref, c'était la belle vie !

Mais étant donné que le 7 on commence à travailler dans un backpackers et qu'il nous restait encore pas mal d'endroits à visiter avant, on a décidé de lever le camp samedi dernier, direction le célèbre Mont Cook et le non moins célèbre Lake Tekapo via Lindis Pass, une route aux paysages "lunaires", assez surprenants. Puis arrivés au début de la route qui mène au Mont Cook, on se rend compte que tout est dans les nuages, donc on décide de continuer, en se disant que de toute façon on repassera cet hiver, ça sera peut-être encore plus beau.
On se rend donc directement à Lake Tekapo : un magnifique lac entouré de montagnes recouvertes d'herbes jaunies (des tussocks). C'est aussi le lac le plus haut de NZ, mais sa particularité (et sa célébrité) viennent de la couleur de son eau, totalement turquoise, due à des particules minérales qui restent à la surface (en gros). Ajoutez à cela le fait qu'au bord du lac se trouve la Good Shepherd's Church, une toute petite église en pierre avec une vue imprenable sur le lac, et vous obtenez un lieu énormément apprécié des touristes. Le village de Lake Tekapo ne compte cependant que 400 habitants, mais on y trouve beaucoup de motels, hôtels etc.




On se rend en haut du Mont John, une petite montagne juste à côté du lac, et là…WOW ! Tout autour de nous, à part le petit village, tout n'est que plaines désertes, aucune végétation, rien (désert quoi), puis au loin, à 360°, d'immenses chaînes de montagnes enneigées…On a vraiment l'impression d'être seuls au monde, si on oublie les touristes asiatiques à côté de nous qui prient en groupe en criant des choses dans un état proche de la transe.
D'en haut, on a une vue parfaite sur le Lake Tekapo et son voisin le Lake Alexandrina. Au Mont John se trouve également un observatoire, car l'air à cet endroit est censé être le plus pur de l'hémisphère Sud (rien que ça), ce qui donne d'excellentes conditions pour observer les étoiles. Mais les nuits étant plus froides là-bas que nulle part ailleurs, on décide de ne pas y rester jusqu'au lendemain. On retourne ensuite à la Good Shepherd's Church, en espérant qu'il y aura moins de touristes pour prendre de belles photos, mais pas de chance : il y a un mariage ! Ce n'est pas étonnant que de nombreux couples choisissent cet endroit idyllique et romantique à souhait pour s'y marier, sauf que les pauvres sont observés et pris en photo par plein de touristes qui n'ont pas du tout l'impression de violer un moment d'intimité de parfaits inconnus…






On roule ensuite pour rejoindre la côte Est et la ville de Timaru, qui se trouve à 160km au sud de Christchurch (la carte est mise à jour, si vous voulez y jeter un coup d'oeil). Il y a quelques jolis bâtiments de style victorien et edwardien, ce que l'on a pas pour habitude de voir en NZ, mais on ne passe qu'une nuit là-bas, avant de descendre plus au Sud, pour s'arrêter à Oamaru, connue pour son architecture de style victorien également, mais surtout parce que la ville se trouve à côté de colonies de blue penguins et de yellow eyed penguins.




Oamaru et ses curiosités



Après avoir retrouvé l'une des deux Québécoises de Wanaka pour un café, on va donc à l'endroit où l'on peut observer des manchots à oeil jaune pendant leur remontée de l'océan jusqu'à leur nid douillet, au pied d'une falaise. On s'attendait à voir des petites tâches se dandiner bizarrement au loin, mais à peine arrivés sur le chemin qui nous mène à l'observatoire, on baisse la tête, et on se retrouve nez à bec avec deux manchots, de l'autre côté de la barrière, à 50 cm de nous ! Pas farouches du tout en plus, ils se laissent prendre en photo, tapent la pose, restent avec nous (et d'autres chanceux) pendant 10 minutes avant de décider que c'est bon, vous avez vos photos, nous on se casse dans notre nid au chaud.







Pour observer les blue penguins (les plus petits du monde, comme celui que l'on avait vu à l'aquarium de Picton), il y a des opérateurs qui font payer 15 euros par personne pour aller s'asseoir sur des gradins une fois la nuit tombée, et attendre que des manchots sortent de l'eau pour rejoindre leurs nids, ambiance "passe-moi les pop-corn, eh ben dis donc déjà 20 minutes qu'on attend et toujours rien". Très peu pour nous, on préfère se lancer à leur recherche dans la ville. Car leurs nids se situent tout simplement…sous les bâtiments ! Donc il suffit de se balader avec une lampe de poche et de regarder à nos pieds. Et ça marche ! Ils ne sont pas vraiment sauvages non plus et se laissent prendre en photo (avec le flash, honte à nous). Par contre, je ne sais pas si c'est dû à la saison des amours chez eux, mais ils se baladent toujours à deux et se cachent dans les buissons en poussant des cris hors du commun, à mi-chemin entre le bébé qui pleure et le cochon qu'on égorge. Tant de bruit sortant d'un si petit corps, étonnant !



Doucement les mecs !


Après 2 nuits à Oamaru (on dort de plus en plus mal, le froid devient insupportable), on se rend à un phénomène naturel que chaque voyageur en Nouvelle-Zélande ne manque pas d'aller voir : les Moeraki Boulders. Il s'agit en fait de grosses boules de pierre sur la plage, qui sont là depuis des millions d'années. On y va, bien curieux de les voir en vrai (on peut les voir en photo sur plein de cartes postales), et en fait…c'est plutôt décevant ! Comme je l'ai dit, ce ne sont ni plus ni moins que des grosses boules en pierre sur la plage. Alors certes, si on avait eu l'éclairage du lever de soleil + la marée basse mais pas trop + juste ce qu'il faut de nuages dans le ciel, on aurait pu rendre ça beau…Mais non. C'est beaucoup plus curieux en photo qu'en vrai, un point c'est tout.

Notez l'ironie dans mon geste (et en plus, il pleut)



On continue ensuite notre chemin vers Dunedin (qui se prononce "Denideune"), la 2ème plus grande ville de l'île du Sud, où se trouve l'Université de l'Otago, la plus ancienne du pays. Il y a donc 20 000 étudiants, soit plus de 15% de la population de la ville (ça fait d'ailleurs bizarre de voir autant de jeunes d'un coup). C'est pourquoi Dunedin est réputée comme étant une ville culturelle et artistique (première école d'Art), où l'ambiance ne manque pas. C'est aussi la version Kiwie d'Edimbourg, car les premiers européens à s'y installer étaient…des Ecossais, of course.
Arrivés avant-hier soir dans la nuit et sous la pluie, on était un peu blasés, mais hier le ciel s'est légèrement découvert, et on a pu visiter un peu. Hier matin, en se rendant au point info, on tombe sur l'équipe de TV One, l'équivalent de TF1 en France (sans la déviance politique), qui finissait juste de filmer un groupe de gamines danseuses pour l'émission New Zealand's Got Talent (je ne savais pas qu'il y avait une version Kiwie de ce show). J'étais toute contente de voir en chair et en os le journaliste de l'émission matinale de TV One, qui est une version Maorie de Brad Pitt, et que toutes les passantes allaient voir pour être prises en photo avec. J'aurais bien fait de même, mais je savais qu'en montrant cette photo en France, tout le monde allait me dire "C'est bien, tu as rencontré un Maori en Nouvelle-Zélande", alors je me suis abstenue. Mais dans la rue, les gens n'en revenaient pas, une vraie star nationale !
Dunedin est connue pour son architecture de style Edwardien et Victorien (eh oui, toujours), avec de nombreuses cathédrales et autres, mais surtout, la gare ! Un superbe bâtiment en pierre qui ressemble à une maison en pain d'épice (si comme moi, on est quelqu'un de gourmand, on peut s'imaginer ce genre de choses). C'est d'ailleurs le bâtiment le plus photographié de Nouvelle-Zélande (à juste titre). Aujourd'hui, elle ne sert que pour un train touristique. 
Les bureaux de la gazette locale
Un bâtiment dont j'ignore la fonction (le Parlement ?)
The Railway Station
A l'intérieur, une mosaïque géante recouvre le sol




L'autre chose pour laquelle la ville est connue, c'est ni plus ni moins que la rue la plus raide du monde. Oui, du MONDE. Arrivés en bas, on se dit juste "Doux Jésus" : 35% de dénivelé, ça fait pas rire. Une foule de touristes la redescend, on attend donc un peu avant de se lancer. On croise le mec de la poste en se demandant s'il a droit à une augmentation quand il se tape de faire Baldwin Street (c'est son nom). En tout cas, il a sa technique : il monte tout en haut, puis court de boîte aux lettres en boîte aux lettres en redescendant. Arrivés en haut, on a droit à une petite fontaine d'eau pour nous remettre de nos émotions. En photo, on ne se rend pas bien compte, mais je peux vous dire que c'est franchement impressionnant. 





On finit la journée d'hier dans l'immense jardin botanique (chaque "grande" ville en a un), où l'on a parlé pendant une demi-heure à deux perroquets tout à fait charmants qui nous disaient "Hello Dolly", "what's up", et "have a cup of tea". Maintenant, Son me fait un caprice pour avoir un perroquet (alors que pas plus tard qu'il y a 2 jours, il voulait un pingouin).

Aujourd'hui, grand ciel bleu, le soleil brille : le temps idéal pour aller passer la journée sur l'Otago Peninsula, une péninsule juste à côté de Dunedin, reconnue pour sa faune sauvage (blue penguins, yellow-eyed penguins, royal albatros, otaries, lions de mer, tout ça sur une petite péninsule), mais aussi pour ses paysages magnifiques. Etant donné que ça n'est pas donné d'aller observer les divers animaux, on s'est donc dit qu'on se contenterait de profiter des paysages. Dès les premiers mètres, le décor nous rappelle fortement l'île du Nord : tout est verdoyant (comme si l'automne avait disparu), et les reliefs sont "arrondis", ce qui est typique du Nord mais beaucoup moins de l'île du Sud.
En empruntant la route sur la crête de la péninsule, on s'arrête tous les 500 mètres, émerveillés par les panoramas qui s'offrent à nous. D'un côté, l'Océan Pacifique, et de l'autre, Otago Harbour, avec Dunedin au loin.




Sur la péninsule se trouve également le seul château de Nouvelle-Zélande; on espérait pouvoir le prendre en photo, même de loin, mais ça n'est pas possible ! Il faut payer (cher) ne serait-ce que pour rentrer dans le parc du château, donc on se dit que tant pis, on en a plein chez nous…
Une fois rendus tout au bout de la péninsule, on s'aventure pour une petite balade qui mène à une plage sur laquelle il est possible d'observer des lions de mer. Après 45 minutes de marche sous le soleil (ce qui rend la balade plutôt pénible), nous voici sur une plage…à marée haute, et surtout infestée de sandflies. Pas de lions de mer en vue, on décide donc de faire demi-tour au plus vite !
Au bout de la péninsule, un phare
Pas de lions de mer !


Après une petite demi-heure à rouler sur une route des plus étroites, non goudronnée et donnant directement sur l'eau (sans barrières), on fait une autre petite balade, en hauteur cette fois. La vue est superbe, mais malheureusement on a d'abord trop de nuages pour faire de belles photos, et une fois le ciel dégagé on se rend compte que la lumière n'est pas bonne non plus… Donc en photo ça ne rend pas grand chose, mais en vrai c'était mieux ! Sur la route du retour, on continue de s'arrêter régulièrement en dégainant les appareils, et ça rendait mieux.
On trouve plein de petites cabanes de pêcheurs sur la route
Au sommet






Sur la route du retour
Je tiens à préciser que lorsque la photo a été prise, il n'y avait pas du tout de vent ! C'est l'usure !
Demain, on quitte Dunedin pour continuer notre chemin vers le Sud, en passant par la région des Catlins, où (d'après ce que l'on nous a dit), on verra PLEEIIIIIN de beaux paysages et d'animaux en tous genres. Et lundi, au boulot ! Je peux vous dire qu'on compte les nuits qu'il nous reste à passer dans le froid et l'humidité, et qu'on sera plus que ravis d'avoir un toit sur nos têtes, un lit au chaud, et un salon avec cheminée…!

dimanche 22 avril 2012

De la West Coast à Wanaka

Une fois de plus, il s'en est passé des choses en 10 jours ! Lors du dernier article, nous étions donc à Greymouth, la plus grande ville de la côte Ouest avec ses 10 000 habitants. Mais il n'y a pas grand chose à y faire pour autant, surtout qu'il a pas mal plu…Pour vous dire, il tombe plus de 8m50 de pluie par an sur la côte ! C'est là qu'on se demande comment les habitants font pour garder le moral (ils doivent sûrement boire plus que la moyenne)…On a quand même profité d'un jour d'éclaircies pour se rendre à un phénomène naturel tout à fait étonnant : les Pancakes Rocks. Il s'agit de rochers au bord de la mer dont les formes, obtenues à cause de la pluie et des vagues qui viennent s'y engouffrer, rappellent celles d'une multitude de pancakes empilés (la personne qui a nommé cet endroit devait sûrement être boulimique). Mais en les regardant bien, on voit quand même une ressemblance, je dois avouer.Lorsque la marée est haute, les vagues viennent s'exploser entre ces rochers, faisant ainsi jaillir l'écume à plusieurs mètres de haut. Mais ça arrive à peu près toutes les 20 minutes, il y avait donc une foule de touristes avec le doigt sur le déclencheur de leur appareil, en train de vider leur batterie pour avoir la photo parfaite (on faisait bien évidemment partie de ces touristes). Les vagues étaient un peu timides, mais ça donne ça :




On a ensuite fait une courte balade au bord de la plage du hameau voisin, Punakaiki. Les plages de la côte ouest de l'île du Sud semblent encore plus sauvages que celles que l'on a pu voir dans le Nord, c'est aussi de toute beauté.

De retour à Greymouth, on rencontre un couple de Haut-Savoyards dont le van, décoré d'un sticker de la Yaute, était garé à côté de Jason. Décidément…Mais on a encore rencontré personne d'Annecy même ! Je pense que d'ici la fin du voyage, on en aura l'occasion…

Une fois le beau temps revenu pour de bon, on a repris la route pour se diriger plus au sud, vers les célèbres glaciers Néo-Zélandais. Car la NZ est le seul pays avec l'Argentine où l'on trouve des glaciers (deux pour être précise) qui descendent à moins de 300 mètres d'altitude. Quand on vous dit qu'il y a TOUT ici ! Comme d'habitude, prendre la route est toujours un plaisir (surtout pour moi qui ne conduit pas), les paysages sont tous plus fous les uns que les autres…Pour arriver à la région des glaciers, on traverse d'abord une forêt de type subtropical (logique), puis place aux montagnes, avec de nombreuses rivières dont l'eau est glaciale, mais les couleurs magnifiques :


Une fois arrivés au premier glacier, Franz Josef Glacier (prononcez "glèssieur"), on se rend compte que 80% de la population est Asiatique (des touristes, pas des locaux). L'activité touristique principale est bien sûr d'aller marcher sur l'un des glaciers, pour un montant d'environ 110 euros les 3 heures sur la glace…On décide de s'en passer, et notre choix est confirmé lorsque l'on se rend au point info de Franz Josef : il y a eu un éboulement le jour même, une partie du glacier n'est donc plus praticable… On fait une courte balade jusqu'à un point de vue d'ensemble du glacier, mais on en est assez loin, et il n'est pas très étendu (d'ici plusieurs dizaines d'années, il n'y aura plus rien).


On continue ensuite jusqu'au village au pied du second glacier, Fox, toujours largement peuplé de touristes Asiatiques. En plus du glacier, plus étendu que celui de Franz Josef, il y a également à 6km du village le très célèbre lac Matheson, dont l'eau, couleur "thé trop infusé", reflète parfaitement les montagnes au loin : Mont Aspiring (3 033 m) et la montagne la plus haute de NZ, Mont Cook (3 754 m). Les photos du lac sont partout en carte postale, poster etc; tous les guides en parlent en disant qu'on ne peut pas repartir sans l'avoir dans notre album…Seul hic : le ciel s'est tout couvert, les nuages restent bloqués dans les montagnes : on s'y rend quand même en fin d'après-midi, mais ça ne rend rien, d'autant qu'il vaut mieux y être à l'aube pour avoir une eau sans rides…On fait quand même le tour du lac (1h de marche, au milieu de la forêt native), et on retourne au village en attendant le lendemain matin. Le camping sauvage y est interdit, mais on fait les rebelles en restant garés devant un backpackers, genre "il n'y a personne dans ce van, on loge à l'auberge, voyons". Levés le lendemain sur le coup de 6h30 (on la veut notre photo), on retourne au lac Matheson, mais ô rage, ô désespoir, c'est toujours aussi couvert… Les nuages ne sont pas décidés à se lever, on retourne donc au village, et on attend toute la journée sous la pluie (enfin, dans le van). Il y a 300 habitants à Fox, vous imaginez donc qu'il n'y a rien à faire, on tue quand même le temps dans un café, au chaud, décidés à rester un jour de plus s'il le faut pour avoir THE photo.
Le chemin autour du lac
Le lendemain, de nouveau levés à 6h30, retour au lac :  toujours quelques nuages sur le Mont Cook. Le reste étant dégagé, on fait quelques photos, d'autant qu'à 7h30, on est totalement seuls, les nuages ont une magnifique couleur rose-orangée, ça pourrait être pire. Puis les cars de touristes commencent à arriver (c'est un arrêt obligatoire pour tous), on décide donc de revenir plus tard, d'autant que quelques vaguelettes commencent à arriver sur la surface de l'eau. Deux heures après, on y retourne : c'est PARFAIT ! Les nuages sont enfin partis, l'eau est totalement lisse, les Asiatiques sont surexcités et prennent 30 poses par minute, les bras en avion, la position du lotus... Tadaaaaam :




On refait le tour du lac à pied, histoire de dire, et on se dirige vers le Fox Glacier pour faire une balade, cette fois jusqu'au pied du glacier. La "vallée" dans laquelle se trouve le glacier est entièrement composée de cailloux et autres rochers et traversée par une rivière couleur gris-opaque. La marche de 1 heure n'est donc pas des plus intéressantes. Une fois arrivés au pied de la chose, (enfin à environ 100 mètres, on n'a pas le droit de s'en approcher plus si on n'a pas de guide), on ne peut pas dire que ce soit vraiment beau : la glace est toute sale, grise, il y a juste quelques endroits aux couleurs turquoises, au niveau de grandes crevasses. En fait, le top du top doit être d'aller au sommet, là où c'est enneigé, en hélicoptère, et de se balader en haut du glacier. Le jour où je gagne au Loto je reviens faire ça (si les glaciers sont encore là). En repartant, je ne pouvais pas ne pas prendre de photo de ce petit étang aux couleurs pour le moins étranges…




Le beau temps ne durant vraiment jamais plus d'une journée sur la côte Ouest (visiblement), on met ensuite le cap sur la région de l'Otago via le Haast Pass. L'Otago se situe plus dans le centre de l'île (mais toujours plus au Sud); c'est la région où se trouvent (entre autres) les villes de Wanaka, Queenstown et Arrowtown, là où on va passer l'hiver. En quittant la West Coast, on passe de plus de 8 mètres de pluie par an à seulement 63 cm, ce qui n'est pas déplaisant ! Mais avant ça, on longe encore pour plusieurs kilomètres la côte, en prenant soin de laisser une trace de notre passage sur l'une des nombreuses piles de galets, sur une plage.


Autre curiosité en chemin, et pas des moindres : les Blue Pools, des piscines naturelles aux eaux turquoises et totalement transparentes, à tel point que les poissons semblent être en lévitation. On peut les observer depuis un pont suspendu, mais qui dit "rivière" dit "sandflies par milliers", et ça, ça casse tout. Ici encore, je ne repart pas sans ajouter mon galet sur l'une des CENTAINES de piles. Cet endroit est visiblement très fréquenté.



Arrivés dans l'Otago, on tombe amoureux dès les premiers kilomètres. Cette région est envoûtante, magnifique, époustouflante ! Ce n'est pas pour rien que toutes les plus belles photos dans les livres touristiques sont prises ici ! Les reliefs sont splendides, il y a des montagnes à 360° autour de nous, les couleurs de l'automne sont accentuées par la lumière de la fin de journée… Il y a deux lacs à côté l'un de l'autre, Lake Wanaka et Lake Hawea. Le premier est très étendu, on fait une pause sur une petite plage pour une séance photo. Regardez comme Jason est beau au milieu de ce paysage :



Puis, de l'autre côté d'une colline, nous voici face au lac Hawea, également entouré de montagnes…On est obligés de s'arrêter tous les 200 mètres, afin de prendre autant de photos que possible avant la tombée de la nuit ! La lumière sur les montagnes ne rend pas grand chose en photo, mais je peux vous dire que c'était grandiose en vrai !



Il fait déjà nuit noire quand on arrive à Wanaka (7 000 habitants), mais on se rend quand même compte que la ville est vraiment stylée, différente des autres : les bâtiments ne sont pas ceux que l'on a l'habitude de voir, l'architecture mélange le bois et la pierre, ça donne une ambiance station mais version décontractée, pas du tout "je me la pète". En faisant le plein de vivres, on tombe sur deux Québécoises que l'on avait rencontré pour la première fois à Picton, et que l'on a pas arrêté de recroiser partout depuis. On décide de se revoir le lendemain, puis on va passer la nuit dans Jason devant un backpackers (le camping sauvage est interdit dans toute la ville, mais étant donné l'heure tardive, on se dit que ça ira bien). Le lendemain matin, on se fait un petit-déjeuner face au lac, et on est vraiment pas à plaindre ! L'eau est calme, il y a des arbres dorés, orangés, rouges flamboyants… 


On rejoint ensuite les Québécoises pour faire une marche d'1h30 au Mont Iron, une grosse colline à l'entrée de la ville offrant une vue d'un côté sur la ville, les montagnes et le lac Wanaka, et de l'autre le lac Hawea. 




Le soir, on se rend tous ensemble à l'incontournable cinéma de Wanaka. Que je vous explique : il s'agit d'une salle de moins de 100 places, où l'on peut choisir entre des canapés moelleux, des fauteuils dépareillés, des sièges d'avion ou même prendre place dans une vieille voiture décapotable ! Mais ça ne s'arrête pas là : le cinéma faisant aussi café-resto, on peut commander avant le début du film un plat pour l'entracte, et aller s'asseoir avec un verre de vin ou une bière…Comme à la maison ! Il se trouve que le film était très bien, mais à la limite, c'est presque un détail…


Le lendemain, 7h, on se réveille légèrement frigorifiés, et pour cause : le thermomètre indique 2° dehors, et 4° dans le van…Aïe ! On retrouve les Québécoises pour une autre marche, plus longue cette fois, afin d'aller voir le Rob Roy Glacier; celui là ne descend pas à 300m, mais on peut le voir depuis la montagne d'en face. On rallonge la marche d'une petite heure pour aller voir le Mont Aspiring, beaucoup plus impressionnant. Sur la route du retour, on aperçoit au bord d'une rivière 3 camions-roulottes stylés :




Mont Aspiring

Plus loin, nouvel arrêt au bord du lac, dont le bleu profond se marie à merveille avec le vert de l'herbe et le jaune des arbres :



Après deux nuits passées illégalement à Wanaka, on décide de ne pas pousser notre chance et d'aller dormir dans la banlieue de la ville, à Albert Town.Jeudi matin, levés de nouveau à 7h : 2° dans le van, -0,5° dehors ! Doux Jésus ! Enfiler les vêtements gelés devient une torture, nos doigts bougent à peine une fois dehors, mais il y a un avantage : plus besoin de glacière ! On met les trucs à l'avant du van, et le matin, on apprécie un jus d'orange bien frais ! On est partis (toujours avec les Québécoises) pour plus de 6h de marche cette fois-ci, avec 1100 mètres de dénivelé !  Rien ne nous arrête ! Plus on monte, plus les nuages nous suivent, et on se retrouve très vite dans le jour blanc…Mais une fois arrivés au sommet (après 3h30 de marche de plus en plus raide !), tout est dégagé, et la vue est incroyable. On voit le lac Wanaka presque dans sa totalité, la ville au loin, et de l'autre côté, tout n'est que montagnes aux reliefs étonnants. Le lac est parfaitement calme, il y a aucun bateau, c'est vraiment la nature à l'état pur… 


Au sommet
Le chemin en zig zag vu du sommet




C'est nous ! Mont Roy

Après avoir avalé nos sandwiches, on est rejoints au sommet par une douzaine de jeunes : il n'y a plus assez de place pour tout le monde, on décide donc de redescendre, sous le regard blasé des autochtones (tout en slalomant une fois de plus entre leurs nombreuses déjections) …


C'est là qu'on se dit qu'ils vont peut-être finir sur une broche Chez Ali, mais en attendant, ils auront pas eu une vie dégueu…

Le soir, on fête notre exploit (et nos au revoir avec les Québécoises) autour d'une bonne pizza dans un resto cosy. Je peux vous dire qu'on a pas eu de mal à s'endormir après ça !

Au programme des deux jours suivants : REPOS ! On profite du soleil, car malgré les températures alarmantes le matin, il fait très bon la journée…Serait-ce l'été que l'on n'a pas eu ? 
Puis samedi, on se rend à l'aéroport de Wanaka pour se renseigner sur le Skydive (saut en chute libre). 5 minutes après, on ressort avec un rendez-vous pour un saut à 12 000 pieds (3 700 mètres) le lendemain matin à 10h. Mamaaaaan !

Ce matin donc, après une nuit quelque peu agitée, nous voici de nouveau à l'aéroport. Après avoir rempli un formulaire qui dit en gros que tu pourrais mourir ou être gravement blessé mais que tu t'engages à ne pas porter plainte contre Skydive Lake Wanaka quoiqu'il advienne, et après avoir allégé notre compte en banque de 450 euros, on enfile nos superbes combinaisons intégrales oranges fluo. On a décidé qu'un caméraman allait sauter avec moi, afin d'avoir une vidéo et plein de photos (chacun son caméraman était un peu trop ruineux, et Son, ce grand fou, préfère faire un saut à l'élastique pour le même prix). On rencontre nos tandems respectifs, appelés "Beautiful stranger", car le slogan de la compagnie est "Strap yourself to a beautiful stranger" ("accrochez-vous à un bel inconnu"), le caméraman commence déjà à me filmer en me demandant comment je me sens, puis on monte dans un minuscule avion (on était 5 tandems en tout, plus les caméramen, donc c'était plutôt serré à l'intérieur !), puis on survole les environs pendant une vingtaine de minutes, avec le sourire jusqu'aux oreilles, et notre tandem dans le dos (vaut mieux). Arrivés à 12 000 pieds, ils ouvrent la porte, un premier tandem se jette, et là tu te dis "Ouh putain ! On est haut ! Elle est partie bien vite dans le vide ! " Je saute en deuxième : les 5 premières secondes, on a la tête en bas, on ressent bien la vitesse : 200 km/h, c'est pas rien ! Puis on se met en position couchée pour 45 secondes de chute libre où tu ne comprends rien à ce qui t'arrive, c'est juste énorme ! Dur dur de taper la pose pour le caméraman qui vole en face de nous ! Ensuite, le tandem ouvre le parachute, on se retrouve en position debout, à une allure beaucoup plus tranquille, et c'est là que pour ma part, j'ai profité pleinement du paysage (Son a réussi à en profiter pendant la chute libre). Mon tandem me fait un petit cours de géographie tout en desserrant mon harnais pour plus de confort : face à nous, lac Wanaka, lac Hawea, Mont Cook et Mont Aspiring; sous nos pieds, une rivière dont j'ai oublié le nom. J'aurai pu rester immobile dans les airs face à ce paysage toute la journée, mais malheureusement, le temps passe trop vite ! Après 5 minutes de parachute et quelques virages serrés pour descendre dans les temps, on est déjà au sol, avec le caméraman qui me filme toujours, pour avoir une réaction à chaud. Je suis suivie de quelques secondes par Son, qui s'attendait à avoir plus d'adrénaline, et qui avait déjà faim ! Je dois avouer que perso, les virages en parachute m'ont plus brassée qu'autre chose…
La vidéo étant sur support DVD, il faudra attendre notre retour pour la voir en bonne qualité ! De toute façon, c'est plus fun de la regarder si on est là ! Mais je peux déjà vous impressionner avec quelques unes des 200 photos :








La peau des joues légèrement déformée...


Au moment où j'écris ces lignes, on se remet de nos émotions ! Son se prépare déjà pour le bungy (saut à l'élastique). On a été rejoints hier soir par le couple de Haut-Savoyards rencontrés à Greymouth, on va donc sûrement faire la dernière marche proposée dans le guide avec eux dans les jours à venir (après ça, on arrête les randos, faut pas déconner). Après quoi on reprendra la route direction la côte Est ! Le 7 mai, un boulot dans un backpackers à Invercargill (la grande ville la plus au sud de l'île) nous attend, pour 3 semaines environ si tout va bien !