Après presque 2 heures de route depuis Mangonui (et ce fût la route la plus droite qu'on ai pu prendre pour le moment, malgré le vent qui nous faisait rouler à droite), nous sommes arrivés à Cape Reinga, et je corrige ce que j'ai pu dire avant, c'est le point le plus au nord ACCESSIBLE EN VOITURE de la Nouvelle-Zélande. Ça a été l'occasion de prendre une petit bain de foule, car évidemment, on était pas les seuls à avoir eu cette idée ce jour-là. Mais ça n'enlève rien au fait que c'est franchement beau, Cape Reinga, du moins quand on arrive à ouvrir les yeux sans pleurer, ou qu'on a pas les cheveux dans la figure (oui, on avait un peu peur de s'envoler). Même les mouettes étaient obligées de marcher en pas chassés tellement ça soufflait fort.
Si vous avez bien suivi, Cape Reinga c'est aussi l'endroit où la mer de Tasman et l'océan Pacifique se rencontrent. Je m'attendais un peu à un genre de chaos maritime, avec des vagues qui s'écrasent les unes contre les autres à la verticale en formant un mur d'eau au beau milieu de l'océan, mais non, rien d'anormal.



(Une photo de nous pour ceux qui en réclamait ! )


Selon la croyance Maorie, c'est à cet endroit que les âmes des défunts s'envolent vers l'au-delà. C'est d'ailleurs le lieu spirituel le plus important.
Comme vous pouvez le voir, il y a un phare sur la falaise, ce qui en fait la première lumière que voient les marins en arrivant du Pacifique Nord (logique). Il y a aussi un panneau multi-directionnel, qui doit être encore plus photographié que le phare lui-même. Sauf que Paris n'étant pas indiqué (on est appréciés par ici !), on a pas pu taper la pose en montrant la direction de notre maison.

Quand les cars de touristes ont commencé à remplir le parking, nous avons mis le cap vers les Te Paki Giant Sand Dunes. Explications : en roulant tranquillement parmi les collines verdoyantes et moutonnantes, d'un coup, on aperçoit au milieu de tout ça des dizaines d'immenses dunes de sable, comme en plein désert... C'est très déroutant, je vous assure ! Un arrêt s'est donc imposé. Comme il y a des touristes partout, il y a des gens qui trouvent des moyens de se faire du fric partout : il est possible de louer des body-boards ou des luges à 15$ de l'heure pour "dévaler" les pentes ensablées. Sauf que pour monter une dune, avec le vent et le fait que nos pieds s'enfoncent à chaque pas (pire que la neige), ça doit juste laisser le temps de faire une descente...Il n'y a pas écrit "pigeons" sur nos têtes, donc on a juste profité du spectacle en regardant un groupe d'allemands faire semblant de trop s'amuser en descendant une pente à 2 à l'heure. Quant à nous, on s'est crus dans le Sahara, seuls et sans rien à boire (et c'était le cas), et on a décidé de monter au sommet de la dune la plus haute, pensant avoir une super vue sur l'océan...Résultat : encore plus de dunes, à perte de vue.


On a réussi à retrouver Jason, malgré la tempête de sable (je mets dans l'ambiance), et on s'est dirigés vers la fameuse Ninety Miles Beach, une plage tellement longue que tu peux rouler en voiture dessus parce que c'est plus pratique que de passer par la route, et où c'est limité à 100 km/h. Donc pas franchement l'idéal pour se poser faire un pique-nique en famille... Mais apparemment, c'est l'une des meilleures pour le surf. C'était l'occasion en tout cas pour Jason d'aller, lui aussi, à la plage (il est pas 4x4 mais c'est tout comme) et de prendre la pause. On a vu un petit requin (je ne suis pas connaisseuse en espèces de requin) mort et plein de sang en train de se faire bouffer par des mouches (on partage tout avec vous, on est comme ça), ce qui veut dire que quelque part dans ces vagues, il doit y avoir ses parents et ses copains, et ça, ça donne pas envie de se baigner.



Puis nous avons refait la route en sens inverse, avec une pause pour la nuit à Kataia. On se rend compte avec effroi qu'on traverse tellement de villes et de patelins qu'à force, on ne sait même plus quels sont leurs noms...Le lendemain, nous avons longé Hokianga Harbour, l'un des ports naturels les plus grands de l'île du Nord, avant de traverser Waipoua Forest, une forêt de 14 km remplie de kauris géants, entre autres (qui sont des arbres très anciens). On a d'ailleurs vu le plus grand kauri au monde, Tane Mahuta, Dieu de la forêt : 51 mètres de hauteur, 13,77 mètres de circonférence, vieux de 1 200 ans au moins. Une fois de plus, on était pas seuls, on est arrivés sur place en même temps qu'un car de 3ème âge...

Halte nocturne à Dargaville, capitale de la kumara, une patate douce maorie qu'ils cuisinent à toutes les sauces, et qui n'est franchement pas mauvaise, avant de prendre la route pendant toute la journée de samedi, repasser par Auckland (enfin, par la motorway à côté), et s'arrêter à Hamilton, 4ème ville du pays. On a dormi dans un quartier résidentiel ultra-chic au bord d'un lac, ce qui ne nous a pas empêché de nous faire réveiller à 2h30 du matin par un mec qui cherchait sa pote et qui pensait qu'elle était dans notre van. Quel abruti.
Dimanche, jour de pluie (mais quand on ne travaille pas le lendemain, on s'en fout), et visite des célèbres Hamilton Gardens, un parc de 58 hectares de jardins à thème : on a pu voyager du Japon à l'Angleterre, en passant par la Chine, l'Italie et l'Inde... Son en a vite eu marre de marcher sous la pluie, j'ai donc fini la visite toute seule, en me retenant de prendre chaque fleur en mode macro.





Après un passage au musée, on avait faim, et ce qu'il y a de bien en NZ, c'est que tu peux manger un lunch à n'importe quelle heure, car les restos ne ferment pas l'après-midi. Après avoir bavé devant une carte de lunchs à 12 $, on entre dans un resto, et là on nous demande nos passeports, car le restaurant faisant aussi bar, il faut avoir plus de 18 ans pour n'y serait-ce que mettre les pieds. Son est allé chercher son permis international : pas accepté comme preuve. Il retourne prendre sa carte d'identité : ça ira pour cette fois, mais "normalement on n'accepte que les passeports". La serveuse s'excuse comme elle peut en nous expliquant que le week-end, il y a des flics en civil qui surveillent tous les bars. Ok, mais tout ce qu'on demande, c'est une pizza, un wrap au poulet et 2 verres d'eau ! C'est peu dire que la loi concernant l'alcool est sévère !
Le soir, nous sommes allés à Cambridge, une petite ville qui, comme son nom l'indique, est très brittish. D'ailleurs, on a honoré la tradition en allant dans le pub local, fin de dimanche pluvieux oblige (mais on était tellement blasés par le contrôle d'identité quelques heures plus tôt qu'on s'en est tenus à un soda chacun). Lundi, visite du musée de Cambridge (deux en deux jours, c'est parce que c'est gratuit), et nous avons mis le cap vers Tirau, une petite bourgade au milieu de la campagne (comprendre : une rue principale avec quelques commerces), mais qui possède le point info de plus stylé de toute l'île du nord, je pense. En arrivant dans la ville, on tombe directement sur ce chien de berger géant en tôle ondulé, avec un berger et un mouton à côté, dans lequel se trouve d'ailleurs un magasin de miels délicieux.


Il faut savoir qu'en Nouvelle-Zélande, on trouve l'un des miels les plus chers au monde, qui non seulement est super bon, mais qui en plus a le pouvoir de faire disparaitre les pires cicatrices, nous informe-t-on. J'ai essayé de convaincre Son de s'en recouvrir, en vain. Et il faut savoir aussi que la Nouvelle-Zélande est, après les US, le pays où l'on mange le plus de glace. Et elles sont EXCELLENTES, surtout celle qu'on a pu goûter dans ce magasin...Le parfum le plus répandu ici, c'est le Hokey Pokey, une glace vanille avec des morceaux de caramel croustillant et fondant au milieu. Malheureusement, ça n'existe que par ici. Ça va me manquer quand on sera rentrés en France !
Pour terminer, hier nous étions à Matamata, également connue sous le nom de Hobbiton, car c'est dans les prairies aux alentours que Peter Jackson a reproduit le village des Hobbits. Mais bien sûr, pour y accéder, il faut payer 64 dollars chacun, donc 75 euros à deux...Ramené en nombres de nuits au campings, ça fait réfléchir...Surtout que les maisons de hobbits sont "nues", sans leur habillage digital...Donc on a préféré prendre le car de touristes en filature depuis le point info (avant de se rendre compte au bout de 5 minutes de route qu'il y a aussi des panneaux qui indiquent où se trouve le lieu de tournage, nous qui pensions que c'était un endroit dont on te révélait la localisation seulement après avoir payé) , mais bien sûr, le car a ensuite disparu dans des champs fermés de barrières... On a quand même continué la route dans les collines environnantes, qui faisaient aussi très "Comté", mais on n'a pas vu de Frodon ni de Gandalf...



Sinon, on a quand même tenté de faire du wwoofing, en envoyant depuis plus d'une semaine des mails à droite et à gauche dans les endroits où les hôtes avaient l'air sympas et les tâches pas trop galère, mais on a eu que des réponses négatives...Visiblement, il faut s'y prendre deux mois à l'avance pour faire du wwoofing en été...Tant pis, on continuera à ne pas travailler pour le moment !
Aujourd'hui, on part pour la péninsule du Coromandel, et on espère qu'on pourra enfin se baigner, parce qu'il commence à faire bien chaud par ici ! Comme on ne peut pas camper à la sauvage dans cette région, ça sera "motorcamp" , donc le prochain article dans sûrement peu de temps.


































